Tedros Ghebreyesus : Genève demeure la capitale mondiale de la santé, assure l’OMS
Contexte : réorganisation des effectifs après le retrait américain
Suite au retrait soudain des États‑Unis de l’aide internationale, l’OMS a dû revoir son organisation du personnel. Environ 1300 postes à travers le monde pourraient être supprimés et une centaine d’employés du siège genevois pourraient être transférés ailleurs. Tedros Adhanom Ghebreyesus reconnaît que ce processus est douloureux et perçu comme injuste par les collaborateurs concernés, tout en le présentant comme nécessaire pour assurer la poursuite de la mission de l’organisation.
Des déplacements ciblés pour créer de la synergie
Le directeur général précise qu’une centaine de postes situés au siège de Genève pourraient être déplacés dès le début de l’année prochaine, sur un total de 2400. Il souligne que la priorité n’est pas d’effectuer des délocalisations pour des motifs financiers, mais d’optimiser l’impact et de favoriser une synergie entre les sites. À cet égard, les mouvements envisagés visent à renforcer des centres existants, notamment le centre de prévention des épidémies à Berlin, les formations à Lyon et une installation sur la médecine traditionnelle à Jamnagar, en Inde.
Un regard renouvelé sur Genève
Concernant l’internationalisation de Genève, Tedros se veut rassurant : selon lui, la capitale mondiale de la santé demeure et son rôle s’est renforcé au fil des crises et des évolutions récentes. Il rappelle la création, ces vingt dernières années, d’institutions installées à Genève, citant notamment Gavi, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, et la Fondation de soutien à l’OMS, et affirme son intention de continuer à veiller à ce que Genève demeure le centre mondial de l’action sanitaire.
Un multilatéralisme indispensable
Face aux incertitudes entourant l’avenir de la coopération internationale, Tedros reconnaît des tentatives de fragilisation, mais rappelle que la lutte contre les pandémies ne peut se mener isolément : une collaboration élargie est indispensable pour vaincre un ennemi commun. Il estime que la Suisse demeure un terrain privilégié pour favoriser le dialogue et les échanges, saluant sa plateforme qui rassemble divers points de vue et idéologies. Selon lui, la Suisse dispose d’institutions solides qui soutiennent ce travail collectif.
Propos recueillis par Charlotte Frossard. Adaptation web : Tristan Hertig.