Petit-déjeuner et longévité : démêler une rumeur virale et les conclusions récentes
Rumeur attrayante mais sans fondement
Une idée simple et séduisante circule sur les réseaux sociaux selon laquelle omettre le petit-déjeuner permettrait de gagner plusieurs années de vie. Une publication Instagram, traduite en plusieurs langues et culminant à plus de 120 000 mentions J’aime, évoque une prétendue étude d’Harvard sur 22 ans démontrant qu les personnes qui ne déjeunent pas vivraient en moyenne 4,5 ans de plus et présenteraient moins de diabète et de cardiopathies. Cette affirmation est infondée.
Les vérificateurs soulignent qu’il s’agit d’une désinformation et qu’aucune étude publiée par Harvard sur une période de 22 ans ne montre une différence de longévité liée à l’absence du petit-déjeuner. La diététicienne Violette Babocsay, qui a analysé la rumeur, précise qu’aucune étude de Harvard sur 22 années n’établit ce lien.
Des conclusions qui contredisent la rumeur
En réalité, une étude publiée en septembre 2025 dans la revue Communications Medicine et réalisée par des chercheurs associés à Harvard contredit cette thèse. Suivant près de 3 000 personnes âgées au Royaume-Uni sur plus de deux décennies, elle observe que prendre le déjeuner plus tard est associé à un risque de mortalité plus élevé et à une survie réduite à 10 ans.
Les résultats indiquent un taux de survie à 10 ans de 86,7 % chez les personnes ayant des habitudes de déjeuner tardives, contre 89,5 % chez celles qui déjeunent tôt. Cette étude ne soutient pas l’idée que manger tard serait bénéfique pour la longévité.
Les auteurs précisent que le déjeuner tardif reflète souvent un mode de vie moins sain ou la présence de problèmes de santé préexistants — fatigue, dépression, anxiété — qui participent à un pronostic plus défavorable. Le lien observé entre déjeuner tardif et mortalité s’explique notamment par ces facteurs plutôt que par l’heure du repas en elle-même.
Par ailleurs, l’étude ne détecte aucune association entre l’heure du dîner ou la durée de la fenêtre alimentaire et la mortalité, contredisant l’idée selon laquelle réduire simplement le nombre de repas augmenterait la longévité.
Comprendre le message
En résumé, selon les conclusions de cette recherche, il n’existe pas de démonstration selon laquelle tomber le petit-déjeuner serait une voie vers une vie plus longue. Le déjeuner tardif apparaît plutôt comme un indicateur potentiel de situations de santé ou de choix de vie qui peuvent influencer le risque global, et non comme une cause directe de mortalité.